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Revue de presse Tristan
Clarence Boulay

 

Presse écrite

« L'aventure est-elle encore possible ? Dans un monde fini, mesuré, infiniment exploré, on éprouve parfois de la nostalgie pour l'inconnu et les grandes découvertes. À l'époque du tourisme de masse, de la démesure démographique, reste-t-il une place pour la solitude et l'émerveillement ? Dans Tristan, très beau roman de Clarence Boulay, on embarque pour un voyage au bout du monde. Ida quitte Le Cap, en Afrique du Sud, à bord d'un langoustier, pour rejoindre l'île de Tristan. Un minuscule morceau de terre, à quelques encablures de Sainte-Hélène. Elle débarque sur ces terres sauvages où vit une petite communauté qui garde avec les étrangers des relations à la fois distantes et cordiales. Ida trompe sa solitude en dessinant sur son bloc les lignes épurées de la mer et des côtes.
Lorsqu'une épave échoue sur l'île aux Oiseaux toute proche, elle se porte volontaire auprès d'un équipage restreint et uniquement masculin pour aller évaluer les dégâts. Les quelques jours passés sur le rocher sont éprouvants. Il faut chasser et pêcher pour se nourrir. Dormir à même le plancher en prenant garde aux skuas, des oiseaux qui risquent de vous "bouffer les yeux". Avec un naturel incroyable, Clarence Boulay entremêle alors le récit de ce combat avec les éléments et celui de la naissance d'une passion physique et amoureuse avec Saul.
Ce texte ne ressemble à aucun autre. On n'y trouvera ni les codes du récit d'aventure ni ceux du journal de bord purement impressionniste. Il y a l'océan, les tempêtes et des animaux sauvages, mais pas de volonté de singer Melville ou Conrad. La langue, d'abord, est tout à fait singulière, vaporeuse et précise, suprêmement sensuelle. Il y a de la vie dans ce récit, de la chair, des peaux et des entrailles. Ida regarde avec passion son amant dont elle exalte la force, l'abandon, la beauté. Dans une scène magnifique, elle raconte la façon dont elle apprend à éventrer des pétrels, de petits oiseaux dont elle vide les entrailles et extrait la graisse pour en faire de l'huile. On croirait alors sentir la matière sur nos doigts.
Ida, la narratrice, parle à la première personne, mais garde un quant-à-soi qui confère au texte son mystère et son élégance. Clarence Boulay est tout entière au présent. Elle écrit comme elle dessine sur son bloc-notes, sans calcul. "Je déteste les romans", confie-t-elle d'ailleurs au détour d'une page. Et c'est pour cela que sa passion amoureuse et sensuelle pour Saul et pour ce paysage est si grande. Parce qu'elle oublie qu'il y a un arrière-plan, d'autres gens, d'autres temporalités. "À aucun moment Saul ne m'avait décrit sa femme ; je ne l'avais d'ailleurs, moi-même, jamais imaginée."
Ida n'est pas une Juliette du bout du monde et elle sait qu'on ne peut jamais posséder son Roméo. De la même manière, elle semble penser que tout récit de voyage est à la fois ridicule et dérisoire. "Alors, n'est-ce pas incroyable ce que vous vivez ? Six mois, m'a-t-on dit, que vous habitez ici sur cette île isolée (...). C'est extraordinaire !", lui dit un homme. Un commentaire bien vain pour celle qui semble croire que l'expérience de l'ailleurs est indicible. Ça ne se contient pas dans le nombre de photos qu'on a prises, dans les panoramas spectaculaires que l'on a observés, dans les dessins qu'on a griffonnés. Tout cela ne fait qu'effleurer l'essentiel : les odeurs, le plaisir, le contact d'une peau. »

« Les jeunes gens et la mer », Leïla Slimani, Le Monde des Livres, vendredi 12 janvier 2018

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« D'abord, il y a "la mélancolie des paquebots. Au moins celle de ce langoustier sur lequel Ida embarque un jour depuis Le Cap, laissant derrière elle son amoureux, Léon, et plus ou moins toute civilisation, à destination de la minuscule île de Tristan da Cunha, dominion britannique face à Sainte-Hélène. Que cherche-t-elle en ce lieu à la fois clos et ouvert à tous les horizons ? De l'espace, du silence, l'indécision fertile du réel, l'éetat des choses… Sur place, logée chez l'habitant, elle va bientôt se fondre à la vie de l'île, à sa communauté chaleureuse et accueillante. Et lorsqu'un cargo fait naufrage sur une île voisine, lieu de reproduction des manchots dans l'archipel, Ida se porte volontaire pour rejoindre l'équipe de trois hommes qui iront au secours des oiseaux mazoutés. Là, entre ciel et mer, dans une solitude comme rendue à sa beauté première, une histoire d'amour va naître avec l'un d'entre eux. Avec une ardeur renouvelée, la jeune femme va se sentir s'appartenir plus que jamais, jusque dans la dépossession. Un jour, il faudra revenir à Tristan, revenir à sa vie. Un jour…
En 2011, la scénographe et plasticienne Clarence Boulay a passé huit mois sur l'île de Tristan da Cunha. Elle en est revenue avec une thèse en cours à l'EHESS et ce roman inaugural, éclatant de beauté, où elle est déjà au plus près de sa vérité d'écrivaine. La preuve, de quelque côté qu'on le lise, c'est un roman d'amour. »

« Avant-critiques : Ida ou l'ardeur », Olivier Mony, Livres Hebdo, vendredi 10 novembre 2017

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« Tous les gens qui partent connaissent un jour cette impossibilité à raconter. »
« Pourquoi une île ? Pourquoi un volcan ici ? Pourquoi une terre plutôt que rien ?
Presque au milieu de l’océan Atlantique, se dresse une île qui porte le nom du navigateur qui l’a découverte : Tristan da Cunha. L’une des premières caractéristiques de cette île, c’est de surprendre. On la décrit comme l’île habitée la plus éloignée du monde. La plus éloignée des côtes, la plus éloignée de ce qu’il est convenu d’appeler le continent. Une île qui serait la plus île de toutes les îles.
Clarence Boulay est plasticienne et scénographe. En 2011, elle part huit mois sur cette île. Son premier roman Tristan sera publié chez Sabine Wespieser éditeur le 4 janvier. Il accompagne un travail de recherche qu'elle mène depuis plusieurs années sur les espaces insulaires et notamment sur l’île de Tristan da Cunha.
J’ai voulu faire l’usage de cette distance, éprouver comment ça se passe sensiblement, corporellement, intellectuellement d’aller vers ce point-là. Et qu’est-ce qu'il se passe, quand notre centre, le continent, devient alors périphérie. J’ai voulu comprendre en inversant les choses.
Ida se pose aussi parfois en ethnologue dans sa volonté de comprendre. Est-ce qu’on peut dissocier le scientifique de l’intime ? L’observation participante de la relation amoureuse ? Car c’est à travers ces moments d’intimité qu’Ida va vraiment comprendre les enjeux de la communauté, enjeux moraux, familiaux, d’organisation, à travers le discours de Saul. »

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« Par les temps qui courent, Romain de Becdelievre, France Culture, mercredi 27 décembre 2017


Entretien avec Clarence Boulay pour son ouvrage Tristan (Sabine Wespieser éditeur).

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« Un livre, un jour », Olivier Barrot, France 3, jeudi 11 janvier 2018


Le coup de cœur du libraire, de 3'48'' à 5'02 :
Nathalie Iris, de la librairie Mots en marge (La Garenne-Colombes), a beaucoup aimé Tristan de Clarence Boulay, un premier roman. Tristan, c'est le nom d'une île de l'Atlantique Sud où le destin d'une jeune femme bascule l'espace d'une tempête qui coupe l’île du reste du monde.
« C'est un roman qui vous emmène ailleurs, et dans un ailleurs totalement inconnu puisqu'il s'agit de cette petite île. Et puis parfois on part à la quête de quelque chose et on trouve autre chose. C'est ce que Clarence Boulay nous démontre dans ce livre avec beaucoup de brio, de savoir-faire dans l'écriture, a assuré Nathalie Iris au micro de RTL. Pour un premier roman, j'ai vraiment été bluffé, comme on dit, notamment par les deux derniers paragraphes qui sont à la fois une fin et une ouverture et qui expliquent tout le livre. »

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« Les livres ont la parole », Bernard Lehut, RTL, dimanche 7 janvier 2018


Presse Web

« C'est une musique d'embruns et de nuages glissant au loin que l'on découvre avec le roman de Clarence Boulay. D'isolement aussi, d'une solitude partagée, dans une île du fin fond du monde. Tristan da Cunha est un archipel volcanique, dans l'Atlantique Sud. Elle est souvent présentée comme l'espace de terre le plus isolé du monde.
Entre l’Amérique du Sud et la pointe de l’Afrique du Sud, l’île Tristan est un désert, à peine peuplé de familles. Un huis clos naturel, où se sont réfugiés femmes et hommes. Qu’est-ce qui pousse des humains à s’exiler si loin ? Rien : on ne peut vivre sur cette île qu’à condition de s’y marier, et donc de trouver un ou une célibataire.
Ida, elle, a choisi d’affronter cette traversée de sept jours sur le langoustier, pour gagner l’île. Sans Léon, qui n’a pas pu trouver de place sur le navire : elle part, seule, vers une aventure dont elle n’imagine rien. Impossible de mesurer ce qui attend le voyageur, sur un tel morceau de terre.
Ici, la vie est autre. Rien de commun avec la ville, ses bruits et sa vitesse. Ce n’est pas l’activité qui manque pour autant : on pêche, on travaille, on coud, mais l’on ne flâne jamais. Le temps de l’insouciance prend une autre dimension.
Parfois, la mer est mauvaise, mais l’on se retrouve. Parfois, une catastrophe survient et il faut partir sauver des oiseaux, emmazoutés. Pour Ida, une nouvelle existence débute, pour quelques mois. Logée chez Mike et Vera, elle scrute le moindre mouvement : dessinatrice, son œil va et vient.
"Parfois, Léon, ça fait comme des bosses, des creux, des sortes de montagnes dans ma tête. Des bruits étranges, comme du tonnerre. Tout est beau ici. Tout. Des remous du ressac, au sourire du vieil Andy", écrit-elle.
Jusqu’à sa rencontre avec Saul. Partie pour l’île aux Oiseaux, où un cargo s’est échoué. Partie sauver des oiseaux, elle va découvrir l’amour dans les bras d’un autre homme. Un autre horizon. Surtout quand l’île devient prison : impossible d’y accéder, la mer est trop mauvaise…
C’est un livre de houle et de vent, précisément, que livre ici Clarence Boulay, un roman qui, au gré des vagues, celles qui peuplent la mer et celles qui ballottent l’âme, finit par griser le lecteur. On s’enivre d’une nature à peine amadouée par les hommes. On chavire. On découvre. On rêve.
Avec une certaine tristesse, la mélancolie qui naît toujours des grandes révélations. »

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« Tristan, de Clarence Boulay : rêver, pleurer, s'évader », Nicolas Gary, ActuaLitté, mardi 9 janvier 2018



 

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