• Parution : Novembre 2021
  • Disponible en librairie à partir du 4 novembre 2021 au prix de 18 €, 200 p.
  • N° d’éditeur : 183
  • À paraître également au format epub et pdf au prix de 12,99 €
  • ISBN : 978-2-84805-340-0

Avoir été migrant

Zahia RAHMANI


suivi de MÉMOIRE DÉCOMPOSÉE PAR TIPHAINE SAMOYAULT

Avoir été migrant est un texte très personnel – un livre de migrant, non pas sur les migrants –, qui met en perspective de manière forte et salutaire l’expérience de son autrice, née en Algérie en 1962 et arrivée en France à l’âge de cinq ans.
Au moment où elle en achevait l’écriture, Zahia Rahmani a dû être opérée au cerveau. Avant son rétablissement complet, elle a traversé un mois de confusion et de perte de ses repères spatio-temporels. Son amie Tiphaine Samoyault a tenu quotidiennement le journal de ce mois troublé, habité par le traumatisme de l’exil et des violences subies. Sa chronique, intitulée Mémoire décomposée, donne un écho d’une rare densité à l’expérience relatée dans Avoir été migrant.

Le texte de Zahia Rahmani s’ouvre sur un séjour en Algérie, quand, l’année de ses dix-huit ans, elle y revient pour la première fois depuis l’exil familial, afin d’y passer l’été avec une amie. Son bonheur de retrouver les paysages et les sensations de l’enfance se brise un soir sur la plage, quand des militaires enjoignent aux jeunes filles de ne pas rester là, seules, avec deux jeunes hommes. La narratrice prend alors conscience que l’Algérie ne sera jamais plus pour elle un pays de réserve. Ce constat transformera sa vie, écrit-elle.
Son livre témoigne d’une existence où s’enchâssent son intense désarroi lors de son retour en France, le sentiment intime de l’exil et la sensibilité politique et esthétique qu’il a forgée.
La manière dont l’écrivaine exprime le monde sensible qu’est la migration – qui oblige à quitter les lieux de l’enfance ; qui inscrit en soi une tristesse et un désir constamment en butte à la violence du lieu d’accueil ; qui interdit aussi d’aimer le territoire qu’on a été contraint de quitter – impressionne par son intensité autant qu’elle oblige à changer notre propre regard.
De regard, il est également beaucoup question dans le récit de celle qui est devenue historienne de l’art, grâce au bouleversement qu’a apporté dans sa vie, par le hasard des études, la découverte de la force émancipatrice des images.

Mémoire décomposée, texte offert à Zahia Rahmani par Tiphaine Samoyault comme pour lui restituer sa mémoire perdue pendant cette période d’absence à elle-même, est sidérant dans ce qu’elle vient révéler : malgré l’émancipation réelle d’une femme devenue une actrice majeure de la scène intellectuelle française, la violence de l’enfance et de l’exil ressurgit avec fracas.
À commencer par cette première scène de réveil : « Lorsqu’un infirmier lui demande en quelle année on est, elle répond 1967. Qui est la date de son arrivée en France depuis l’Algérie. Ce qu’on explique à l’infirmier, qui lui y voyait une incohérence alors que cette date est parfaitement cohérente pour elle. »

Une préface à quatre mains ouvre ce livre singulier et puissant, chronique d’un exil, chronique d’une confusion mais également chronique d’une amitié.

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