MEDIAPART, Frédéric L’Helgoualch, dimanche 20 février 2022


Le Dernier Mouvement, Robert Seethaler : le crépuscule de Malher. Ultime symphonie

Réflexion sur l’Art, sur la création (cette mer démontée) et ses abysses, en plus d’être un regard tendre sur un homme indifférent aux honneurs et aux poses dévoré par sa passion, incapable de la séparer de son existence.

 Gustav Malher, moribond, depuis le pont du paquebot le ramenant des États-Unis vers l’Europe, se souvient.

Robert Seethaler, voix majeure de la littérature de langue allemande après seulement deux livres, plonge le lecteur dans la tête d’un géant de la musique classique, au corps aussi malingre et souffreteux que son exigence et son idéalisme étaient hauts, avec ce brillant troisième roman qui parvient en 120 pages à restituer autant l’atmosphère créée par les lourdes tentures des salons viennois fréquentés par tous les membres du Who’s Who de l’époque, par les ors formels d’un opéra rodé aux querelles picrocholines et aux cabales assassines teintées d’antisémitisme, qu’à coller au plus près de l’intimité, de l’âme torturée d’un créateur épuisé par une vie entière dédiée à son art.

Du patibulaire Auguste Rodin visité dans son atelier de l’hôtel Biron, colérique, vulgaire (« Tais-toi ! Tais-toi, putain ! ») mais mandaté par sa femme pour lui tailler le portrait dans la glaise, le célèbre compositeur et chef d’orchestre autrichien (1860-1911), non moins caractériel, ne retint pas grand-chose. […]

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