La Rue de Robert Seethaler, Page des libraires, Manuel Hirbec, 17 août 2026


« Imaginez que vous allez traverser dans toute sa longueur une rue inconnue, les yeux fermés, sans rien voir mais en entendant au fil de votre passage des bribes de conversations, des voix qui se parlent à elles-mêmes ou qui parlent à d’autres, autant de fragments de vies que vous assemblez au rythme de votre arpentage romanesque. Arrivé au bout de la rue, ouvrez les yeux. Il est inutile de vous retourner. Une année a passé au fil des saisons et cette rue, vous la connaissez mieux que quiconque. Désormais, vous savez tout de ses habitants : la fleuriste éperdument amoureuse du libraire en faillite ; la maison de retraite que certains pensionnaires quittent la nuit pour montrer leurs fesses aux passants, tandis que le gardien de nuit picole au bar d’à côté ; sans oublier le curé perdu dans ses sermons ni ces irréductibles qui refusent de céder aux vautours de l’immobilier. Et vous les aimez tant ! »