Passagères de nuit de Yanick Lahens, Abigail Keye, Biba Magazine, 22 octobre 2025
« On ressort de ce roman un peu plus attentif aux silences, aux regards et aux gestes qui font la force des femmes. »
« On ressort de ce roman un peu plus attentif aux silences, aux regards et aux gestes qui font la force des femmes. »
« Yanick Lahens nous invitent à parcourir la nuit pour en établir la secrète géographie. La nuit tisse le lien entre les terres, la mémoire et les femmes qui l’ont parcourue. Dans son dernier roman, elle porte en elle une ode à l’insoumission, incarnée par deux femmes : Elizabeth et Régina. Roman d’apprentissage qui est dédié à deux aïeules de l’autrice haïtienne, la première nimbée de secrets et de mystères lorsqu’elle revient sur l’île que sa grand-mère avait quittée quelques décennies plus tôt, l’autre portée par le silence qui lui fera trouver son émancipation aux côtés du fils d’Elizabeth. »
« […] Yanick Lahens trouve dans la terre haïtienne le reflet des épreuves et des surgissements malheureux de l’Histoire, une sorte de prédestination incrustée dans les couches volcaniques de cette île. »
« Au-delà du portrait familial, le livre prend résolument appui sur les débats de société. Marion Muller-Colard siège au Comité national d’éthique : ses réflexions sur l’euthanasie, le maintien artificiel en vie, l’« aide active à mourir » sont nourries de cette double expérience, théorique et intime. Un « steak-frites », réclamé par le père diminué, pèse ici plus lourd qu’un traité philosophique : c’est toute la question de la volonté, du désir de vivre malgré tout, qui se joue dans cette demande prosaïque.
L’autrice s’élève contre l’illusion des directives anticipées — « la volonté ne se conjugue qu’au présent », écrit-elle en substance — et rappelle que l’éthique ne peut jamais s’énoncer hors de la situation singulière, dans la chair d’un visage aimé ».»
« Il y a des livres qui ne racontent pas : ils se souviennent, ils frémissent, ils cherchent. Naufrage(s) de Michèle Lesbre appartient à cette veine rare. Loin des intrigues ou des confessions programmées, c’est un récit sans prétention narrative, mais dont la densité sensible saisit. »
« À la fois historique et contemporain, “Passagères de nuit” (Wespieser, 2025), le nouveau roman de Yanick Lahens est porté par des voix de femmes debout dans l’ombre. »
« Pauvre est une fantastique leçon d’énergie, de volonté et d’amour. »
« Comment dire la beauté des romans de Marie Richeux ; formulé autrement, comment dire l’indicible. Car c’est cela qu’elle parvient à réaliser. Nous sommes happés, nous sommes accolés à elle mais nous ne savons expliquer le secret de notre enchantement, de notre désir d’être là, dans les pages, entre les lignes de ses livres. La vérité humaine se vit et parfois vient à nous dans un moment inattendu. L’important aura été le parcours, le chemin entrepris, la quête rendue vivante au sein d’une enquête sensible. »
« Yanick Lahens rend hommage à la lignée des femmes qui l’ont précédée. Ces anonymes dont l’histoire se transmet dans les gestes, les silences et la résistance. Le roman explore l’héritage des esclaves déportées, la violence coloniale, mais aussi la naissance d’une culture créole, avec ses langues métissées, ses croyances et sa vitalité. »
« Deux femmes derrière ces récits qui enjambent le temps, mènent à la cohésion. Deux femmes que rien ne semble relier, sinon leur capacité à se tenir droite dans le tumulte de l’Histoire »