LE FIGARO MAGAZINE, Élisabeth Barillé, vendredi 8 janvier 2016


« Quartiers libres : Un Joseph peut en cacher un autre »

« Tous les tyrans ont une enfance en héritage, certains l’assassinent comme le reste, d’autres pas. Années 50 : affaibli par l’hypertension qui l’emportera, Joseph Djougachvili, dit Staline, aime qu’on lui joue l’air populaire géorgien qu’il entendait dans sa Gori natale quand il était encore Sosso l’exalté et qu’il rêvait de se faire moine ou brigand. Quelques frontières plus loin, exilé en France, où il s’est distingué comme aviateur en 1914, puis comme agent secret, un autre Joseph, fils du préfet de Gori, affronte les remarques suscitées par sa ressemblance frappante avec le “petit père des peuples”. L’incroyable rumeur serait-elle donc vraie ? Le chef du Kremlin aurait-il à Paris un demi-frère qu’il tiendrait sous discrète surveillance ? Quarante ans après la disparition de l’énigmatique Joseph Davrichewy, son arrière-petite-fille explore les pièces d’un dossier pour le moins cinégénique. Qu’on en juge : Staline en pilleur de banque sans moustaches, Trotski en bourreau des cœurs à paris, capitale mondiale de l’anarchie, sans oublier l’espionne Marthe Richard, et l’apparition surprise de Charles Aznavour en guest star ! Le risque avec les récits de famille, c’est la nostalgie, quand ils s’embourbent. Rien de tel ici. L’auteur n’a pas de tristes comptes à régler avec ses souvenirs. Juste avec le vertige d’avoir vécu si près d’une histoire longtemps classée secret défense. »