LE MONDE DES LIVRES, Zoé Courtois, vendredi 24 juin 2016


« Effeuillage posthume »

« Le peintre Ivor Woodall, professeur de peinture de modèles nus au Cap (Afrique du Sud), meurt subitement ; la lecture de sa nécrologie bouleverse ses élèves. […] On suit chacun d’eux : Françoise s’interroge sur la responsabilité de sa petite sœur, Doudou, dans cette histoire ; Jude se comporte d’étrange façon ; Timothy, lui, a disparu et Stella, déboussolée, le cherche partout, comme pour faire rempart au souvenir de sa mère. À mesure que les personnages font l’apprentissage de la nudité des deux côtés du pinceau, la plume de Rosamund Haden les effeuille jusqu’au cœur et dissèque leurs zones d’ombre. L’avant et l’après de l’annonce de cette mort s’emmêlent, il est aussi question du génocide rwandais et de vacances en Grèce. Rosamund Haden fait ainsi du temps et de l’histoire les matériaux d’un roman savamment architecturé à la croisée du polar et du roman d’amour, remarquable jusqu’à la dernière ligne. »