WWW.EN-ATTENDANT-NADEAU.FR, Jean-Loup Samaan, vendredi 20 février 2021


Parias est le nouveau roman de Mbarek Ould Beyrouk, journaliste et écrivain mauritanien écrivant en langue française. Comme dans ses précédents récits, parus entre autres aux éditions tunisiennes Elyzad, ses personnages subissent les métamorphoses de la Mauritanie contemporaine, pays souvent méconnu où s’affrontent encore les traditions du désert et les mutations induites par une urbanisation inexorable.

Quelque part au milieu du roman de Beyrouk, un de ces personnages, se remémorant sa vie passée, se lamente : « nous avons été trop heureux ce soir-là et, les jours et les mois qui ont suivi, nous nous sommes précipités sur le grand méchoui de l’amour, nous avons avalé de trop grosses bouchées de félicité, et nous avons peut-être consommé là toute notre ration de bonheur ». Ces quelques lignes expriment toute la beauté triste d’un livre qui tourne autour du destin de deux personnages, un père et son fils : deux êtres perdus, condamnés au souvenir d’un passé heureux et révolu.

Nous découvrons tout d’abord le « père », un bédouin qui écrit à sa femme. Dans son long épanchement, il explique comment, par amour pour cette fille de la ville en quête d’ascension sociale, il lui a menti et lui a caché ses origines nomades. Nous voici dans l’intimité de cet homme du désert qui éprouve de la honte et tente de gommer son identité. Sa femme et sa belle-famille le regardent de haut, son beau-frère le traite comme un vulgaire imposteur. Mais, au fil des pages, c’est quelque chose de plus grave qui se dessine : cet homme qui confesse ses erreurs et pleure le bonheur qu’il a perdu se trouve en prison. Cette femme semble, elle, avoir disparu.

Lire l’article en ligne