• Parution : Janvier 2021
  • Roman
  • N° d’éditeur : 192
  • Disponible en librairie à partir du 7 janvier 2021 au prix de 21 €, 280 pages ; à paraître en format epub et pdf
  • ISBN : 978-2-84805-385-1

  • Revue de presse

C’est un samedi matin comme un autre, dans la maison isolée où Thierry, le narrateur, s’est installé des années auparavant. Il y vit avec sa femme Élisabeth, encore endormie ; leur fils habite loin désormais. Leur voisin Guy est rentré tard, sans doute a-t-il comme souvent roulé sans but avec sa fourgonnette. Thierry s’apprête à partir à la rivière, quand il entend des bruits de moteur.

La scène qu’il découvre en sortant est proprement impensable : cinq ou six voitures de police, une ambulance, des hommes casqués et vêtus de gilets pare-balles surgissant de la forêt. Un capitaine de gendarmerie lui demande de se coucher à terre le temps de l’intervention.

Tout va très vite, à peine l’officier montre-t-il sa stupeur lorsque Thierry s’inquiète pour Guy et Chantal, ses amis. Thierry et Élisabeth, qui l’a rejoint, se perdent en conjectures. En état de choc, ils apprennent l’arrestation de ces voisins si serviables, les seuls à la ronde, avec qui ils ont partagé tant de bons moments.

Tenu par le secret de son enquête, le capitaine Bretan ne leur donne aucune explication, il se contente de solliciter leur coopération. Au bout de vingt-quatre heures de sidération, réveillé à l’aube par des coups frappés à la porte, Thierry réalise enfin, filmé sur son seuil par une journaliste à l’affût de sensationnel, que Guy Delric est le tueur des fillettes qui disparaissent depuis des années.

Oscillant entre le déni, la colère et le chagrin, cet homme au naturel taciturne tente d’abord désespérément de retrouver le cours normal de sa vie : mais à l’usine, où il se réfugie tant bien que mal dans l’entretien des machines dont il a la charge, la curiosité de ses collègues lui pèse. Chez lui, la prostration d’Élisabeth le laisse totalement impuissant. Tandis que s’égrène sur toutes les chaînes de télévision la liste des petites victimes, il plonge dans ses carnets, à la recherche de détails qui auraient dû lui faire comprendre qui était véritablement son voisin. Les trajets nocturnes en fourgonnette, par exemple, ou cette phrase prononcée par Guy alors qu’ils observaient des insectes – un de leurs passe-temps favoris –, à propos de leur cruauté : « Tu sais quoi, Thierry, même le plus habile des criminels n’est pas capable d’une telle précision. »

La descente aux enfers de cet être claquemuré en lui-même va se précipiter avec le départ de sa femme, incapable de continuer à vivre dans ce lieu hanté, cette maison loin de tout où elle avait accepté d’emménager avec réticence.

Tiffany Tavernier va dès lors accompagner son protagoniste dans un long et bouleversant voyage. Pour trouver une réponse à la question qui le taraude – comment avoir pu ignorer que son unique ami était l’incarnation du mal –, il n’a d’autre choix que de quitter son refuge, d’abandonner sa carapace. Thierry part sur les traces d’un passé occulté – une enfance marquée par la solitude et la violence, dont les seuls souvenirs heureux sont les séjours dans la ferme de son grand-père mort trop tôt.

Avec ce magnifique portrait d’homme, la romancière, subtile interprète des âmes tourmentées, continue d’interroger – comme elle l’avait fait dans Roissy (2018) –, l’infinie faculté de l’être humain à renaître à soi et au monde.

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