Rechercher Titre/Auteur :



ACCUEIL




NOUVEAUTÉS




À PARAÎTRE




TITRES GRAND FORMAT




SW POCHE




AUTEURS




ACTUALITÉS




REVUES DE PRESSE  




RENCONTRES




RIGHTS/ÉTRANGER,
POCHE, CLUB




LETTRE
D'INFORMATION




CONTACT



Revue de presse La Trace
Forrest Gander

 

Presse écrite

« Un couple d'Américains file en voiture au milieu d'un grand nulle part, à la recherche de son fils disparu. Un roman atmosphérique et musical, une subtile variation sur le road-movie.
Des images nous traversent à la lecture du deuxième roman de Forrest Gander, des images de cinéma dont on a gardé en vrac quelques traces : Zabriskie Point de Michelangelo Antonioni, Gerry de Gus Van Sant, plus récemment Valley of Love de Guillaume Nicloux. Dans ce dernier, Isabelle et Gérard répondaient à l’invitation de leur fils, reçue après son suicide, à se rendre dans la vallée de la Mort, en Californie, pour suivre un parcours minuté et peut être, in fine, le retrouver. Une mise en abyme moins légère qu’un millefeuille, mais aussi un tour de piste où le jeu se trouvait ramené à sa plus simple expression : deux comédiens en scène, une lecture, et le désert comme toile tendue, appel à la projection. La Trace rappelle ce procédé, dans lequel les montages en "papier kraft froissé" du Mexique sont le décor d’un voyage vers l’autre, ici ponctué de poèmes en points d’étapes.
Le roman tient ainsi du road-movie et, bon élève du genre, résulte d’une fuite. Dale et Hoa, couple middle class en milieu de vie, sont sans nouvelles de leur enfant, qu'on sait perturbé. Dale est professeur, Hoa céramiste. Chacun à son niveau caresse des reliques : il travaille sur Ambrose Bierce, l'écrivain et journaliste américain mort mystérieusement en 1913 ou 1914 dans la ville de Chihuahua après avoir rejoint la Révolution mexicaine ; elle aime l'idée que "des traces de vies infinitésimales soient prises dans la pierre et l'argile". Le périple en Chevrolet doit apporter des réponses sur le mystère de la disparition d'Ambrose Bierce, en même temps qu'il pourrait éclairer l'absence du fils – mais rien n'est sûr. Les bribes de souvenirs ne sont pas des preuves et les accusations restent suspendues […], manière de dire qu'il n'y a pas de cérité toute tracée, seulement des pistes que la pudeur empêche d'emprunter. […] Quand le voyage devient trop lourd, ils prennent un raccourci à portée métaphorique. La voiture bifurque, et le récit avec elle.
La Trace s’ouvre sur la terrible agression d’un couple, sans lien apparent avec la balade mélancolique de Dale et Hoa. Cette scène inaugurale reste toutefois en mémoire du lecteur comme un avertissement. Lorsque la Chevrolet tombe en rade, nos personnages, immobilisés, semblent rattrapés par les réalités et les fantasmes que le Mexique brasse pêle-mêle. Contre la "chorégraphie familière de la vie à deux", La Trace échange une danse de la survie hallucinatoire qui prend une dimension expiatoire, peut-être salvatrice. Que les démons habitent les cauchemars ou s’incarnent dans les narcotrafiquants, il est toujours affaire de survie. Pas seulement pour soi-même, mais pour l’autre, à travers l’autre. [...]
La Trace témoigne d’un art de l’économie, d’un sens de la musique et du rythme. L’œuvre romanesque a semble-t-il digéré une œuvre poétique qui n’apparaît plus que par hoquets d’une page, en ouverture de chaque partie. Pour autant, la poésie est partout dans ce chant d’amour. Que va-t-on chercher dans le désert ? Probablement à en sortir. »

« Vapeurs d’amours dans le désert mexicain », Thomas Stélandre, Le Magazine littéraire, avril 2016

Lire tout l'article au format PDF


« Un road movie dans les pas d’un disparu mythique, le journaliste et écrivain Ambrose Bierce.
Pas étonnant de savoir que Forrest Gander est poète et géologue. Découvert avec En ami (Sabine Wespieser éditeur, 2009), l’Américain a une manière unique d’évoquer la nature. Celle qui entoure ses personnages étant ici particulièrement aride.
Les héros de La Trace, Dale et Hoa, sont ensemble depuis vingt ans. Lui est professeur d’histoire, elle céramiste. Le couple a salement souffert à cause de leur "cabochard de fils". [...]
Précisons que Dale est un spécialiste de l’écrivain et journaliste Ambrose Bierce, le fameux auteur "fin de siècle" du Dictionnaire du diable. Avec Hoa, il cherche à reconstituer le dernier voyage effectué par Bierce en 1913. Quand il s’est rendu au Mexique à plus de 70 ans, sans parler un mot d’espagnol, pour y couvrir les événements de la révolution mexicaine.
Parti à dos de cheval à la recherche de Pancho Villa, Bierce a disparu simplement, comme disent les chercheurs, "sans laisser de trace". [...]
Impossible de ne pas ressentir la chaleur et le manque d’air. Les silences et la colère. À chaque arrêt, il faut se méfier des serpents qui rôdent. Et peut être plus encore des narcotrafiquants qui opèrent. Des types pas commodes, capables de scalper les malheureux qui croisent leur route…
Forrest Gander tire le meilleur parti d’un décor qui évoque à la fois Pedro Paramo, le roman de Juan Rulfo, ou un film d’Antonioni.
Il rend au lecteur palpable la tension intime entre ses protagonistes et montre magnifiquement leur terrible enlisement. »

« Les prisonniers du désert », Alexandre Fillon, Sud-Ouest dimanche, dimanche 20 mars 2016

Lire tout l'article au format PDF


« Un couple d'Américains en voiture, dans le désert de Chihuahua, au Mexique. Il est universitaire, elle est céramiste. Le prétexte du voyage, c'est partir sur les traces d'Ambrose Bierce (1842-1914), venu rejoindre l'armée de Pancho Villa, et mort un an après, en captivité à Marfa, ou bien à Sierra Mojada, à moins que ce soit Icamole. Il s'agit surtout de fuir le silence de leur fils. Le récit avance au gré des kilomètres avalés, des arrêts, de la fatigue due à la chaleur écrasante, des paysages, des serpents morts, des souvenirs : le calvaire que le fils leur a fait vivre, leur histoire d'amour, la manière dont ils s'observent, s'aident ou se contredisent. En contrepoint, une autre affaire se trame, qui implique des trafiquants de drogue, un psychopathe, des scènes d'horreur. Et va bientôt les rattraper, menaçant leur couple. La violence sert alors de révélateur. »

Claire Devarrieux, Libération, samedi 11 juin 2016

Lire tout l'article au format PDF


« Qui se souvient d’Ambrose Bierce, disparu à la frontière mexicaine en 1914 alors qu’il cherchait à rencontrer Pancho Villa ? Trois théories s’affrontent pour expliquer sa mort et trois lieux possibles d’inhumation existent pour sa dépouille : voilà donc trois endroits à visiter pour Dale, un sympathique universitaire qui a fait de cet écrivain et journaliste américain son sujet d’étude.
Il est marié depuis plus de vingt ans avec Hoa qui décide de délaisser pour quelques jours son atelier de céramiste pour l’accompagner dans le désert de Chihuahua. Ils forment un "vieux" couple qui a la sérénité de ceux qui s’aiment et un fils qui leur cause bien des soucis. Soudés par le chagrin, ils partagent intimement le sentiment d’être responsables de ce qui lui est arrivé et se bricolent une vie autour de ce silence. Dale et Hoa envisagent ce voyage comme un changement de routine, la recherche d’une nouvelle intimité dans une douce quiétude, un temps de convalescence et de renouveau. La voiture roule à travers le désert, les arrêts dans des lieux tous plus désolés les uns que les autres sont rares, les pistes mauvaises et les autochtones rencontrés pas toujours aimables. À l’intérieur de l’habitacle monte peu à peu la lassitude, puis une certaine exaspération, des mots regrettables sont prononcés.
Ce roman qui est aussi, et peut-être avant tout, un hommage magistral au désert, personnage à part entière, commence par un épisode très violent. Après avoir assassiné un homme dans sa salle de bains, son meurtrier relooke étrangement et macabrement des ballons de foot. On le verra les lancer à des jeunes dans de courts chapitres qui s’intercalent avec le récit principal. Quels liens avec notre road movie tout en mélancolie et contemplation ?
Commencé comme la narration d’un agréable voyage de travail, ce livre devient une réflexion pertinente sur le couple, l’amour, la violence et l’instinct de survie. Omniprésence des éléments hostiles, analyse du ressenti des personnages, stratégies de survie psychologique et physique, autopsie de ce couple qui souffre : c’est avec une certaine fascination que l’on suit les éléments de ce qui se transforme au fil des pages en une véritable odyssée. L’écriture est très agréable, ample et poétique, la construction du récit est maîtrisée et la tension va crescendo jusqu’au dénouement final. Forrest Gander, né dans le désert des Mojaves, est géologue et poète : il connaît donc son sujet. Doué de plus d’une grande empathie pour ses personnages, il tire de son amour des mots et de sa connaissance du désert un western moderne extrêmement plaisant. »

« Soudain, au milieu de nulle part… », Sophie Guinard, Luxemburger Wort, samedi 13 février 2016

Lire tout l'article au format PDF


Audio - Vidéo - TV

Olivier Barrot présente La Trace de Forrest Gander, en compagnie de son éditrice Sabine Wespieser.
« Olivier Barrot : Désert des Mojaves à la frontière entre les États-Unis et le Mexique. Forrest Gander y installe un road movie, des parents, un fils absent. Impressionnant comme un film de Sergio Leone.
Sabine Wespieser : Le livre est un road movie mélancolique […]. On est dans la voiture avec une narration somme toute assez lente qui est à la fois dans le présent, à la fois dans le passé de l’histoire du fils. Mais, en même temps, le personnage principal et l’unité de ce livre, l’unité de lieu […], c’est le désert. »

Voir la vidéo

« Un livre un jour », Olivier Barrot, France 3, mercredi 30 mai 2016


Coup de cœur des libraires

« Désir de Désert !
Peu de temps après le grave accident de leur fils, Hoa et Dale décident de prendre la route du désert vers la frontière mexicaine. Là-bas, ils ont la volonté de remonter la trace de l'écrivain fin de siècle Ambrose Bierce qui disparut mystérieusement durant les événements de la révolution mexicaine en 1913.
Commence alors une ballade aux accents de légende dans un décor immensément crépusculaire, un voyage où le glamour côtoie l'apreté, la vie si fragile le souffle du mauvais sort. Oh oui, c'est beau mais d'une beauté hantée qui soutiendrait assurément une mise en scène cinématographique d'un Gus Van Sant pour cet art de la raréfaction du récit qui éclaire si profondément les richesses intimes tant géographiques qu'humaines.
En-voû-tant !!! »

Voir le site

Coup de cœur de Mathieu Baussart, blog de la librairie Quai des brumes (Strasbourg), jeudi 2 juin 2016


« Un couple en voyage au Mexique va croiser la route d'un groupe de narcos. Ils vont tout faire pour tenter de repasser la frontière américaine. Sous le roman noir parfait, le lecteur découvrira bientôt l'histoire sensible d'un couple en plein désarroi. Magnifique ! »

Coup de cœur de la librairie Lucioles (Vienne)

Lire tout l'article au format PDF


« C'est un livre qui s'ouvre sur un jeune homme effrayé qui se tapit sous un évier en espérant qu'on ne l'y trouvera pas. Et puis le livre semble s'en aller ailleurs, plus précisément sur les traces d'un couple d'Américains, deux intellectuels que la disparition de leur fils a fini par miner, petit à petit. […]
L'horreur, c'est ce chapitre intitulé "Musique du désert", sommet de brutalité et de cruauté sans nom […], qui nous projette de plein fouet dans cette zone de la frontière mexicaine qui reste une des plus dangereuses du monde. Le temps de quelques pages fulgurantes, Forrest Gander nous rappelle au bon souvenir d'un certain Boston Teran, soleil obscur du roman noir contemporain qui, le temps de deux romans terribles […], avait porté le genre à des sommets de sauvagerie hypnotique […].
Mais ce roman-là ne s'intéresse pas aux contrées mille fois arpentées du genre, il se permet même d'aborder le road-movie selon un angle des plus inattendu. […] Un travail tout en délicatesse sur l'intangibilité des sentiments que l'écriture poétique de Gander transcende, littéralement. […]
Hoa et Dale sont partis sur les traces d'Ambrose Bierce, l'écrivain mythique du Dictionnaire du diable, qui à plus de 70 ans était allé rejoindre l'armée de Pancho Villa, au début du siècle dernier, et n'en était jamais revenu. Leur périple s'est donné comme prétexte cette quête habitée par la mort et le mystère. Il s'agit pour eux d'une sorte de pélerinage sur les lieux où Bierce est censé avoir été tué, ou arrêté, ou enterré, et dans le cœur de ces deux parents éplorés, mais qui s'acharnent à faire bonne figure, sommeille l'image de leur fils. 
Afin d'éprouver leur cœur meurtri, Hoa et Dale devront passer par des instants où l'ébauche de leur propre mort, le ressenti de mille souffrances les feront, peut-être et enfin, passer à autre chose. Mais l'écriture de Forrest Gander n'est pas là pour nous parler d'épreuve, de quête métaphysique, de parcours initiatique ou de quoi que ce soit de ce genre.
La disparition ou la mort sont des précipices insondables qui sont là pour éprouver notre chagrin et nos peurs. Hoa et Dale s'en seront approché de si près qu'ils n'y ont trouvé rien d'autre qu'eux-mêmes, ensanglantés, hagards, salis, mais vivants.
Mesdames et messieurs: masterpiece ! »

Voir le site

Blog Le Triangle masqué, vendredi 3 juin 2016


« Le voilà le roman que l'on n'attend pas, le grand livre caché derrière un nom que l'on ne connaît pas !
Intense, fort, magistral, aussi lumineux que sombre, La Trace ne se prête à aucun genre : roadtrip mélancolique, western ténébreux et huis clos étouffant. Ne cherchez pas, vous êtes ailleurs… »

Coup de cœur de la librairie Les Arpenteurs (Paris IXe)

Lire tout l'article au format PDF


« Envoûtant. Puissant. Magistral. »

Coup de cœur de la librairie Les Arpenteurs (Paris IXe)

Lire tout l'article au format PDF


« Le road-trip lancinant et magnifique d'un couple dans le désert des Mojaves, où l'hostilité apparente du territoire cache la véritable menace, plus sombre, moins évidente, mais sans doute plus dangereuse… Un mélange de western, d'histoire d'amour, de récit de survie, de poésie géologique et de roman noir : un joyau littéraire. »

Voir le site

Coup de cœur de la librairie Delamain (Paris Ier)


« Un couple, un voyage dans le désert, le fantôme d'un écrivain disparu durant la révolution mexicaine, un autre fantôme, celui d'un fils… Difficile de résister au charme envoûtant de ce roman écrasé de chaleur…
À un moment donné, la voiture dans laquelle Dale et Hoa, son épouse, traversent le désert de Chihuahua, tombe en panne. C'est peut-être là, sous cette chaleur et ce soleil écrasants, dans cet environnement désolé et qui se révèle hostile, que tout se noue, ou se dénoue, entre eux, là peut-être que le second roman de Forrest Gander annonce enfin sa vraie nature : une quête plus qu'un road-movie, une tragédie plus qu'un western. Mais ce n'est pas si simple, c'est d'ailleurs ce qui est très beau dans ce livre lyrique, où la description d'un décor omniprésent prend des accents poétiques, où les deux protagonistes centraux n'en finissent pas de dévoiler de nouvelles facettes d'eux-mêmes et de leurs rapports dans une écriture souveraine. Car Forrest Gander n'est pas seulement un conteur, c'est aussi un styliste, et on s'en rend compte à chaque page de cette Trace que l'on suit sans hésiter, tout comme Dale et Hoa suivent celle de deux fantômes qui n'en finissent pas de hanter le roman. Le premier, c'est celui d'Ambrose Bierce, écrivain et journaliste mort mystérieusement dans le désert alors qu'il couvrait la révolution mexicaine, en 1913, et qui doit être le sujet du prochain livre de Dale. Le second, c'est le fils du couple dont la vie s'est fracassée sur la folie. Durant le quasi huis-clos de leur voyage dans une nature grandiose et inquiétante, peuplée de narcotrafiquants mexicains, Dale et Hoa se heurtent, se perdent, se retrouvent, se soutiennent, se confrontent à la mort, à la vie, aux espoirs de l'avenir et aux traces du passé. Magnifique. »

Voir le site

« Fantômes dans le désert », coup de cœur de la librairie Calligrammes (Sens)


« Road-trip à la mexicaine,
Sublime histoire d'amour,
Ôde au désert et à la littérature… Un très grand livre ! »

Voir le site

Coup de cœur d'Agathe Guillaume, librairie Millepages (Vincennes)


« En 1913, le journaliste et écrivain Ambrose Bierce âgé de 70 ans part au Mexique rejoindre la révolution de Pancho Villa et on perd alors sa trace. Nul ne le reverra vivant et son corps même ne sera jamais retrouvé. Mais ce ne sont pas les scénarios qui font défaut et nombreux sont les témoins qui assurèrent avoir vu Bierce ici ou là, l’avoir enterré à tel ou tel endroit. Pour alimenter l’essai qu’il écrit sur Bierce, Dale, professeur d’université part quelques jours au Mexique sur les traces du journaliste. Il emmène avec lui sa femme, Hoa. Entre eux, un fantôme dont l’absence est écrasante, celui de leur fils avec qui le fil est rompu. Pourquoi ? Que s’est-il passé ? Nous n’en saurons pas plus, et là n’est pas l’essentiel.
La Trace est un roman d’atmosphère à la trame narrative relâchée, où ce qui est essentiel n’est pas directement exprimé. Dans ce western moderne hypnotique, le rôle principal est dévolu aux immenses étendues désertiques auxquelles la prose de Forrest Gander rend superbement hommage. Ce pays magnifique, minéral et fascinant, Dale et Hoa n’en ont pas les clés. Plus ils s’enfoncent à l’intérieur du pays, plus l’issue de leur quête devient hypothétique. Le danger qu’ils ne mesurent pas  – contrairement à nous, qu’un chapitre inaugural a mis en garde – danger humain et naturel à la fois se rappelle à eux à la faveur de la panne mécanique dont ils sont victimes.
La Trace pourra décontenancer les lecteurs qui aiment les romans qui disent clairement où ils vont. À ceux qui n’hésitent pas à s’engager, comme Dale et Hoa, dans des chemins qui peut-être les mèneront ailleurs, ce roman constitue une lecture toute indiquée. »

Voir le site

Coup de cœur d'Yves Martin, librairie Les Buveurs d'encre (Paris XIXe)


Presse Web

« Captivant, fort, haletant, tel est le livre de Forrest Gander qui s’ouvre sur une scène de roman noir : le meurtre violent d’un individu dont on ne connaît ni l’identité, ni celui de son tueur, non plus que les raisons de ce crime. Or, on est au Mexique, dans une zone réputée pour ses cartels de la drogue, ses trafics et ses homicides. Le ton est donné ? Pas tout à fait…
Chapitre deux : un couple d’Américains fait tranquillement route dans le vaste désert de Chihuahua. Hoa est céramiste d’art, Dale, son mari, enseigne à l’université de Caroline du Nord. C’est lui qui a eu l’idée de ce voyage en lien avec ses travaux sur Ambrose Bierce, l’auteur du célèbre Dictionnaire du Diable disparu mystérieusement un siècle auparavant dans cette partie nord du désert mexicain, après avoir rejoint les troupes révolutionnaires de Pancho Villa. Des conjectures circulent sur sa mort, mais aucune certitude n’a jamais été établie, aussi Dale profite-t-il des vacances pour aller enquêter sur le terrain. Ce court voyage d’étude est aussi l’occasion pour le couple de se retrouver après une année éprouvante sacrifiée à leur fils, étudiant à la dérive qui a coupé les ponts avec ses parents. Derrière les vitres de la voiture de location, où s’insinue une chaleur poussiéreuse et accablante, défile un paysage hypnotique composé de vieilles haciendas, de chiens errants, de roche et de sable à perte de vue sous un ciel aveuglant. Bien que Dale ait soigneusement préparé leur itinéraire, ils dévient de leur trajet, s’arrêtent, prennent des raccourcis. Le territoire et le temps s’étirent autour de l’habitacle, petit théâtre intime où rien n’échappe à l’autre, où les silences sont angoissants et les querelles culpabilisantes. L’atmosphère caniculaire et collante se double alors d’une tension grandissante, insufflée par une intrigue parallèle dont on pressent qu’elle va tôt ou tard rattraper nos explorateurs… Difficile d’en dire davantage, car rien n’est donné d’emblée, et le lecteur comprend avec délectation les secrets et les dangers de ce périple au fur et à mesure que les kilomètres s’accumulent et que les pages se tournent.
Il est des histoires qui vous happent comme un vautour se jette sur sa proie. La Trace est de celles-là. Traversée du désert, odyssée, tous ces mots ont ici un double sens, comme le titre du roman. S’il fallait n’en retenir qu’un, je choisirais celui-ci : l’empreinte que cette pépite romanesque laissera durablement dans votre esprit. »

Voir l'article original

« La rédaction l'a lu : Western ou roman noir ? », Aline Sirba, www.onlalu.com


« Hoa, céramiste, et Dale, prof d’histoire à l’université, font un voyage vers le Mexique, d’Asheville via El Paso à Sierra Mojada sur les traces de Ambrose Gwinnett Bierce, un journaliste écrivain américain, qui, à 71 ans, aurait rejoint les troupes du célèbre bandit Pancho Villa pendant la guerre civile au Mexique en 1913. Sa mort est un mystère puisqu’il a disparu sans que personne ne l’ait jamais revu. Cette virée pourrait être l’occasion pour ce couple anéanti par la disparition de leur fils Declan, de se retrouver. De ces disparitions, nous ne saurons rien, ou si peu, mais elles sont la raison de l’existence de ce voyage. Dale parle beaucoup de Bierce quand on imagine que Hoa voudrait entendre parler de son fils, cet absent si densément et tragiquement présent, et les rancœurs, les reproches affleurent durant ces kilomètres avalés, ces heures, enfermés dans une voiture. Et posés là, irrégulièrement, parcimonieusement des chapitres courts forment le sillon d’un trafiquant de drogue qui parcourt la même dangereuse région que Dale et Hoa. On cherche le point commun, le point de rencontre, le point de rupture, et on découvre, effarés, l’aventure au bout de la route. Un livre incroyable qui s’ouvre sur une scène d’une violence inouïe et qui plonge ensuite dans la torpeur d’un road movie accablant sous la poussière et la canicule du désert mexicain. Fascinant ! »

Voir l'article original

« Lola lit La Trace », blog Le Voyage de Lola, lundi 22 février 2016


« Dale, historien, et sa femme Hoa, céramiste, partent en voyage dans le nord du Mexique sur les traces d’Ambrose Bierce. L’écrivain et journaliste américain disparu sans laisser de traces un siècle plus tôt alimente la légende : où et comment est-il mort ? Y a-t-il encore moyen de trouver traces de son passage ici ou là ? Pour nourrir sa recherche, Dale se rend sur place (en plein été) et Hoa décide de l’accompagner.
Il est cependant presque moins question de l’écrivain américain que de Declan, le fils de Dale et Hoa, disparu lui aussi. Comme on en sait peu sur Bierce, on en saura peu sur ce fils, adolescent turbulent, violent, interné. […] Absent, douloureusement absent et de ce fait très présent entre ses parents qui n’osent parler de lui. Leur fils est comme un reproche entre eux. Ils se laissent donc avaler par le désert, écrasé de chaleur.
La Trace s’ouvre sur une scène violente : un homme en voit débarquer un autre chez lui alors qu’il est aux toilettes. Pas le temps de se renculotter : il se planque comme il peut sous le lavabo. Quelques pages plus loin, le tueur surgi du désert est en train de décoller la peau du crâne de sa victime pour l’enrouler autour d’un ballon de foot. Si la première page a pu paraître drôle, ce sera pour le lecteur la seule occasion de sourire. Car le tueur qui sillonne la même région que Dale et Hoa est un trafiquant de drogue qui recrute parmi les populations locales, même les plus jeunes, offrant des ballons de foot. Sinistre.
On s’étonne que Dale et Hoa s’aventurent tout tranquillement le long d’une frontière réputée comme une des plus dangereuses du monde. Ils sont de fait tellement enfermés dans leur douleur que le reste n’est que décor. Jusque la panne de voiture en plein désert qui les contraint à marcher.
[…] Les apparitions du tueur ne sont que très parcimonieuses et ne permettent que progressivement de comprendre la scène inaugurale. Forrest Gander, lui-même originaire du désert de Mojave et diplômé en géologie, décrit minutieusement les lieux et les êtres. Il s’attache particulièrement aux paysages désertiques du Texas et du Mexique, en harmonie avec la léthargie des personnages.
La langue de Forrest Gander est contemplative : elle embrasse les vastes espaces trop calmes qui bercent le couple inconscient des dangers. On les suit dans l’intimité et la banalité de leurs gestes, rendues plus sensibles encore à travers les poèmes qui ouvrent chaque chapitre.
On pourrait s’y perdre sans la panne qui les force à sortir de leur torpeur dépressive pour tout simplement survivre. Le désert, la chaleur, les animaux ne sont plus dès lors sources de contemplation ou d’étonnement mais bien d’inquiétude. Plus de voiture, plus de téléphone : il n’y a plus qu’eux seuls, Dale et Hoa, face à l’espace sauvage. La violence des hommes les surprend alors qu’ils sont ainsi vulnérables. Et cette violence-là, celle des narcotrafiquants, laisse loin derrière la douce rêverie érudite autour d’Ambrose Bierce et leur dépression de quarantenaires inquiets pour un fiston trop indépendant.
La Trace fait figure d’odyssée poétique et intime : à la fois road movie dans les pas d’un disparu mythique et fine introspection d’un couple désemparé. »

Voir l'article original

Blog Tête de lecture, jeudi 17 février 2016



 

© swediteur.com 2007