WWW.JOURNALZIBELINE.FR, Fred Robert, mercredi 5 octobre 2016


« Apocalypse joyeuse »

« […] En transformant cette matière journalistique (patiemment collectée depuis plusieurs années) en une fiction échevelée et libertaire. En lâchant la bride à son imagination et en entraînant avec lui le lecteur aux quatre coins de la planète. Des tours de La Défense (où se déchaînent les appétits capitalistes) aux Andes, de Tchernobyl à la vallée du Rhône, des vallées cachées de l’Afghanistan aux steppes glaciales de Sibérie. Au fil des quatre saisons, on caracole à la suite des nombreux protagonistes (sans jamais s’y perdre pourtant). Et ce n’est sans doute pas pour rien que le roman s’achève au printemps. Printemps d’un renouveau, après que tous les monstres contemporains – oligarques, hommes d’affaires et politiques corrompus, djihadistes… – ont été décimés, et que les humains peuvent à nouveau vivre d’amour, de livres et de bons produits. On peut sourire à la naïveté de cette peinture d’un monde qui prendrait conscience qu’il va dans le mur et arriverait à inverser le cours des choses (d’ailleurs, dans le roman, le temps lui-même s’inverse au Pérou). […] N’empêche, cette lecture fait du bien. Une fiction post apocalyptique, certes, mais pleine de lumière. Souvent rabelaisienne, ce qui ne gâte rien. Et émaillée de très belles descriptions de la nature et du monde. Un monde qu’on a soudain envie de regarder autrement. »