L’Ordre des choses de Marion Muller-Colard, Christel Quaix, Ombres et lumières, janvier 2026
Entretien de Marion Muller-Colard autour de son nouveau récit L’Ordre des choses.
Entretien de Marion Muller-Colard autour de son nouveau récit L’Ordre des choses.
Pour composer ce double récit d’émancipation qui entremêle les trajectoires syncopées de deux femmes fortes, l’écrivaine haïtienne a puisé dans sa propre histoire familiale. « J’ai su que j’avais une arrière-arrière-grand-mère qui était arrivée de la Louisiane, mais c’était très parcellaire, il y avait beaucoup de non-dits. Et j’ai aussi pensé à mon arrière-grand-mère, que j’ai connue, qui a été la compagne du fils de cette personne arrivée de La Nouvelle-Orléans. Je voyais la photo dans la maison de ce monsieur habillé comme les généraux du XIXe siècle en Haïti. » Yanick Lahens a voulu briser le mur de silence autour de leurs vies. « Heureusement que la littérature existe, parce que je les ai réinventées. »
Au fil de ces destins de femmes, le roman, d’une certaine façon, nous entraîne dans les coulisses de l’histoire officielle. C’est le sens qu’il faut donner au titre, ces « passagères de nuit » : femmes, maîtresses, Noires plus noires, esclaves.
« Ce court récit, dans lequel beaucoup se retrouveront, pose les bons mots sur l’ambivalence de nos sentiments, le chagrin, la culpabilité. »
« Pauvre » est un roman de la réconciliation. Nuancé, sincère et tout simplement roboratif.
« Parues au fil des années, les trente et une nouvelles rassemblées ici sont tirées de recueils épuisés. Elles permettent de mesurer le grand talent et l’audace d’une auteure qui, en soixante années d’écriture, n’a cessé
de raconter la vie des femmes et l’Irlande. »
« Ce livre est un petit trésor de poésie, cent pages où il est question du Grand marin, d’Anita Conti, d’un petit chien noir et blanc court sur pattes ou encore du vent incessant de « la petite terre têtue ». Michèle Lesbre en état de grâce. »
« Deux destins, en deux parties d’un roman envoûtant, se relieront dans le grand chaos des révolutions successives du « pays des montagnes » ».
« Marie Richeux n’a pas réussi à percer tous les mystères du naufrage de l’Emmanuel-Delmas, mais elle a trouvé autre chose, en rassemblant les traces et les souvenirs d’une mémoire familiale. Une façon de relier, par l’écriture, les vivants et les disparus. »
« Il faut l’expérience de celle qui siégea au Comité consultatif national d’éthique pour écrire avec cette acuité l’abyssale difficulté d’affronter les fameuses questions de la fin de vie ou des directives anticipées quand elles se présentent, si concrètes, devant soi, et pour arriver à passer par-dessus bord les doctes discussions théoriques. »
« En vérité, la pauvreté est impitoyable, c’est un état, dans et par lequel font défaut les nourritures intellectuelles, la sécurité, la relation avec les autres, et par-dessus tout, l’estime de soi. »