• Parution : Mars 2021
  • Récit traduit de l'anglais (Irlande) par Aude de Saint Loup et Pierre-Emmanuel Dauzat
  • Titre original : James & Nora
  • Disponible en librairie à partir du 4 mars 2021 au prix de 13 €, 96 p.
  • N° d’éditeur : 197
  • Également disponible au format epub et pdf
  • ISBN : 978-2-84805-395-0

  • Revue de presse

James & Nora

Edna O'BRIEN


PORTRAIT DE JOYCE EN COUPLE
suivi d’une postface de Pierre-Emmanuel Dauzat, intitulée LE YIDDISH DE JOYCE (Balbutiements sur une traduction)

Edna O’Brien n’a jamais caché que Joyce lui avait ouvert les portes de la littérature. Au fil des années et des relectures, la vie et l’œuvre de son maître en écriture lui sont devenues essentielles et familières.

Cette courte pièce de prose, publiée en 1981 aux États-Unis puis rééditée en 2020 en Angleterre, est une scintillante miniature. Avec son portrait d’un artiste en couple, Edna O’Brien rend un vibrant hommage – jusque dans le cœur de son propre texte – à un « mec funnominal » qui, dès sa rencontre avec Nora Barnacle ce jour de juin sur Nassau Street à Dublin, « brûla de copuler avec une âme. » Muse, collaboratrice, compagne de misère, flamboyante partenaire sexuelle, cette fille de la campagne originaire de Galway joua tous les rôles dans l’existence de James Joyce.

Depuis les prémices de leur passion charnelle jusqu’à la mort de Joyce en 1941, en passant par leur mariage vingt-trois ans après qu’ils se sont croisés pour la première fois, James & Nora condense des instantanés de leur vie commune : leur fuite en Italie, leur vie de misère, la naissance de leurs enfants, et bien sûr leurs deux solitudes – celle de l’écrivain tout à son stupéfiant corps-à-corps avec la langue, et celle de la femme livrée à elle-même dans des villes étrangères.

C’est surtout une extraordinaire invitation à plonger dans « le fatras du quotidien », comme l’écrit Edna O’Brien, où Joyce puisa les chefs-d’œuvre que l’on connaît.

La familiarité de la grande dame des lettres irlandaises avec l’écriture de James Joyce, son traducteur de toujours, Pierre-Emmanuel Dauzat, l’éclaire dans une passionnante postface consacrée à la langue réputée si complexe, si opaque, si intraduisible, de l’auteur d’Ulysse. Le « yiddish de Joyce », ce creuset de langues – dix-sept – qu’il écrivait toutes en anglais, est, selon l’analyse de Dauzat, « plus familier à Edna O’Brien qu’à d’autres lecteurs européens pour une raison évidente : elle connaît la prononciation de l’anglais dans les différentes régions de l’Irlande […] et pratique aussi, comme une seconde langue maternelle (pourquoi n’y en aurait-il qu’une ?), l’anglais-irlandais, ou hiberno-english, qui est une langue à part entière et qui se manifeste par l’habillement anglais de mots irlandais. »

De fait, ce volume si bref se déplie telle une étoffe précieuse miroitant en d’infinis reflets, dont chaque fil ouvre une nouvelle piste de lecture.

DU MÊME AUTEUR

GRAND FORMAT