Archives: Presse écrite

Dehors, c’est le printemps de Ásta Sigurdardóttir, Ólöf Pétursdóttir, Le Matricule des Anges, 13 mars 2026

Dehors, c’est le printemps de Ásta Sigurdardóttir, Ólöf Pétursdóttir, Le Matricule des Anges, 13 mars 2026

« Pour les poètes de son temps, Ásta était une égérie , vibrante et rebelle. Elle était aussi une pionnière dans la capitale, la première artiste féminine à mener une vie de bohème, comme les garçons, ses pairs. En réalité, elle choquait les bien-pensants par sa critique de l’occupation et du parti majoritaire qui criait au scandale. »

Dehors, c’est le printemps de Ásta Sigurdardóttir, Jean-Bernard Vuillème, Le Temps, 28 février 2026

Dehors, c’est le printemps de Ásta Sigurdardóttir, Jean-Bernard Vuillème, Le Temps, 28 février 2026

« Le texte exprime l’horreur de la violence et de l’indifférence, avant de basculer dans une sorte de rédemption et d’émerveillement jusqu’à « rire de joie et de bien-être ».

[…]

Lire Asta Sigurðardóttir tient parfois de l’épreuve tant ses constats sont noirs et désolés. Sa voix s’élève du fond de la misère. Elle parle d’un monde, l’Islande du milieu du XXe siècle, aux relations sociales âpres et aux mœurs souvent cruelles derrière le voile des convenances. On y bat les enfants. On y bat les femmes. On y bat les chiens. La violence fait figure de norme sociale transcendant les genres, car des femmes sanctionnent aussi les moindres écarts et les moindres désobéissances à coups de fouet.

Du fond de sa marginalité, elle décrit subtilement les gens de Reykjavik, riches ou pauvres. Elle évoque aussi l’Islande rurale dont elle est issue, sa nature «sauvage et indomptée», et toute une faune, des oiseaux surtout (huîtrier pie, pluvier, chevalier gambette, grand gravelot, noroît, etc.), des mollusques, des phoques et des chevaux qu’elle nomme et observe d’une manière très fine.

[…]

Malgré sa force d’évocation d’un environnement cruel, la prose d’Asta Sigurðardóttir parvient à saisir la beauté du monde. Comme s’il fallait croupir dans la rigole pour se glisser jusqu’au ciel, épouser la souillure des bas-fonds pour accéder à la beauté. La concision et la précision de sa langue (très bien rendue dans la traduction d’Olöf Pétursdóttir) ouvrent une profondeur métaphorique. La capacité d’émerveillement d’Asta Sigurðardóttir évoque quelque cousinage avec un Robert Walser, sa plume trempée dans l’alcool et les larmes avec un Charles Bukowski. […] »

Rose la nuit de Maryline Desbiolles, Jacques Lindecker, L’Alsace, 20 février 2026

« Au fil des fragments de mémoire entrelacés, Maryline Desbiolles tisse, avec son immense talent de conteuse fiévreuse à la phrase chantournée – « un long ruban de phrase dont les mots seraient heurtés et mélodieux à la fois –, les thèmes qui lui sont si chers : la difficulté de grandir dans un environnement chaotique, l’importance de la transmission entre générations, le combat des femmes pour l’émancipation, la double peine de l’exil. »

Plomb de Timothée Zourabichvili, Mohammed Aïssaoui, Le Figaro littéraire, 12 février 2026

Plomb de Timothée Zourabichvili, Mohammed Aïssaoui, Le Figaro littéraire, 12 février 2026

« Une voix. Un univers. Un style. Voilà ce qui dessine un écrivain. Timothée Zourabichvili est de cette étoffe. Il y a quelque chose d’émouvant à découvrir un auteur qui fait son entrée en littérature. Plomb, son premier roman, découvert par l’exigeante Sabine Wespieser, peut se résumer ainsi : l’errance d’un jeune homme et d’une jeune femme « encombrés » d’un bébé sans nom dont ils ne savent que faire. »

Officier radio de Marie Richeux, Valérie Valade, Les Petites Affiches 64, 4 février 2026

Officier radio de Marie Richeux, Valérie Valade, Les Petites Affiches 64, 4 février 2026

« La délicate et pertinente journaliste Marie Richeux, intervieweuse dans son émission littéraire quotidienne à la radio « Le Book club », enquête ici, dans son sixième roman, Officier radio, sur un oncle disparu en mer. Au fur et à mesure des recherches et des discussions avec les membres de sa famille, elle fait surgir dans la narration des scènes d’enfance, des liens, des instants de vie à la fois personnels et universels. Quelque chose de lumineux relie les histoires dramatiques et « banales » en une ode au(x) vivant(s). »