Rose la nuit de Maryline Desbiolles, Pierre Vavasseur, Le Parisien, 13 février 2026
« Une pirouette qui permet à l’écrivaine de tisser un habile canevas dans lequel se faufilent de manière récurrente des repères empruntés à ses propres souvenirs. »
« Une pirouette qui permet à l’écrivaine de tisser un habile canevas dans lequel se faufilent de manière récurrente des repères empruntés à ses propres souvenirs. »
« Une voix. Un univers. Un style. Voilà ce qui dessine un écrivain. Timothée Zourabichvili est de cette étoffe. Il y a quelque chose d’émouvant à découvrir un auteur qui fait son entrée en littérature. Plomb, son premier roman, découvert par l’exigeante Sabine Wespieser, peut se résumer ainsi : l’errance d’un jeune homme et d’une jeune femme « encombrés » d’un bébé sans nom dont ils ne savent que faire. »
« D’un style toujours aussi pulsatile, ce roman comme «un long ruban de phrase dont les mots seraient heurtés et mélodieux à la fois» évoque le dédale narratif des Mille et Une Nuits, mais dans une version postmoderne où les voix se mêlent, bientôt indistinctes, jusqu’à célébrer la vie comme une polyphonie de récits. »
« La délicate et pertinente journaliste Marie Richeux, intervieweuse dans son émission littéraire quotidienne à la radio « Le Book club », enquête ici, dans son sixième roman, Officier radio, sur un oncle disparu en mer. Au fur et à mesure des recherches et des discussions avec les membres de sa famille, elle fait surgir dans la narration des scènes d’enfance, des liens, des instants de vie à la fois personnels et universels. Quelque chose de lumineux relie les histoires dramatiques et « banales » en une ode au(x) vivant(s). »
« Dans ce roman se déroulant à La Nouvelle-Orléans et à Port-au-Prince, sa ville natale, au XIXe siècle, l’écrivaine rend un hommage fait d’espérance et de résistance à la lignée de femmes dont elle est issue. La fiction, quand elle est talentueuse, a la capacité de transcender le temps et l’espace, et on retrouve aussi dans ce livre les échos de notre monde d’aujourd’hui. »
« Au-delà de l’histoire, à la fois unique et universelle, dans laquelle nous pouvons toutes nous retrouver, il y a un style : chaque mot est pesé, mesuré, les phrases sont courtes, haletantes, il n’y a pas un adjectif de trop. Ciselé, c’est le mot, et il n’est pas galvaudé. Et enfin, au-delà de l’hommage, du récit, du style et de l’exercice de style, le roman parle de la force des histoires, du fil qui relie les femmes entre elles pour raconter, au-delà de la diversité, l’unicité d’un destin. »
« Distillant un malaise jusqu’à la révélation de la dernière page, Plomb est un voyage dans les méandres d’une humanité en perte de repères, dans une société toujours plus atomisée. »
« Quelle puissance narrative, quel fracas émotionnel distillé en moins de 150 pages ! »
« Rose la nuit constitue une joyeuse sarabande de lutte au féminin pluriel, baroque, artisanale, fabuleusement fluide. »
« Les écrivains sont rares, qui parviennent à faire cohabiter en eux deux voix : la voix de la narration et du plaisir inné que celle-ci procure, et la voix de la réflexion et de la soif de sens à laquelle celle-ci répond. Yanick Lahens, née en 1953 en Haïti, fait partie de ces écrivains, au féminin. Elle a beau enseigner au Collège de France, elle a gardé intact l’art de conter tel qu’il se transmet au fil de générations, et elle possède le talent qui permet de basculer de l’oral à l’écrit, de fixer sur le papier ce qui, par essence, est mouvant et change au gré de qui parle. Passagères de nuit, son dernier récit, illustre ce talent avec une superbe qui semble couler de source. Il est pourtant plein d’une violence que le plus beau des romans ne saurait effacer. »