On ne peut pas plaire à tout le monde de Tariq Ali, La Dépêche, Yves Gabay, 7 avril 2026
« Le récit vivant d’une vie engagée, restée attentive, plus que jamais, aux soubresauts du monde. »
« Le récit vivant d’une vie engagée, restée attentive, plus que jamais, aux soubresauts du monde. »
« Par chapitres brefs et vifs, où la sensibilité ne s’appesantit jamais, dirait-on, au-delà du temps d’une chanson (évidemment italienne), Fusaro dessine avec une grâce un peu fragile – et quelques coquetteries, parfois – l’itinéraire d’un homme blessé : un antihéros de 40 ans, pudique et désabusé, qui doucement se métamorphose, au gré de rencontres qui font aimer la vie »
« Les 31 nouvelles qui ont ici été réunies nous donnent une bonne idée de son univers, dans lequel les femmes occupent une place prépondérante. […] On se laisse facilement conquérir. »
« Michèle Lesbre a l’extrême bon goût en exergue à son dernier livre, Naufrage(s), qui se situe dans la lignée de La Furieuse (Rives et dérives) paru en 2022, de nous donner la définition de son titre au singulier. « Naufrage : se dit d’un bateau qui coule, d’un couple qui se déchire, d’un système économique calamiteux, d’un régime politique en panne, d’une nation/Il y a des grands et des petits naufrages… » Il s’agit bien, très exactement, dans cet opus, de tout cela à la fois. »
« Carmela va inviter Gianni à les rejoindre dans sa maison de vacances à Polignano a Mare, un bourg hors du temps au bord de l’Adriatique. Et peut-être sera-t-il envisageable pour chacun d’eux de croire encore à un horizon impossible. »
« Pour les poètes de son temps, Ásta était une égérie , vibrante et rebelle. Elle était aussi une pionnière dans la capitale, la première artiste féminine à mener une vie de bohème, comme les garçons, ses pairs. En réalité, elle choquait les bien-pensants par sa critique de l’occupation et du parti majoritaire qui criait au scandale. »
« Dans un pays de glace, ces quelques nouvelles sont arrivées comme un météore. À la fois lumineuses et portées par la désintégration d’un astre qui se déplace comme une étoile filante, elles évoquent la vie précaire et marginalisée d’une poète féministe qui est morte à l’âge de quarante et un ans. »
« On retrouve ici la force tellurique des précédents ouvrages de Maryline Desbiolles, comme L’Agrafe (2022), où elle explorait déjà les cicatrices de l’Histoire. »
« Le texte exprime l’horreur de la violence et de l’indifférence, avant de basculer dans une sorte de rédemption et d’émerveillement jusqu’à « rire de joie et de bien-être ».
[…]
Lire Asta Sigurðardóttir tient parfois de l’épreuve tant ses constats sont noirs et désolés. Sa voix s’élève du fond de la misère. Elle parle d’un monde, l’Islande du milieu du XXe siècle, aux relations sociales âpres et aux mœurs souvent cruelles derrière le voile des convenances. On y bat les enfants. On y bat les femmes. On y bat les chiens. La violence fait figure de norme sociale transcendant les genres, car des femmes sanctionnent aussi les moindres écarts et les moindres désobéissances à coups de fouet.
Du fond de sa marginalité, elle décrit subtilement les gens de Reykjavik, riches ou pauvres. Elle évoque aussi l’Islande rurale dont elle est issue, sa nature «sauvage et indomptée», et toute une faune, des oiseaux surtout (huîtrier pie, pluvier, chevalier gambette, grand gravelot, noroît, etc.), des mollusques, des phoques et des chevaux qu’elle nomme et observe d’une manière très fine.
[…]
Malgré sa force d’évocation d’un environnement cruel, la prose d’Asta Sigurðardóttir parvient à saisir la beauté du monde. Comme s’il fallait croupir dans la rigole pour se glisser jusqu’au ciel, épouser la souillure des bas-fonds pour accéder à la beauté. La concision et la précision de sa langue (très bien rendue dans la traduction d’Olöf Pétursdóttir) ouvrent une profondeur métaphorique. La capacité d’émerveillement d’Asta Sigurðardóttir évoque quelque cousinage avec un Robert Walser, sa plume trempée dans l’alcool et les larmes avec un Charles Bukowski. […] »